Coup d’État manqué à Ouaga : le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba remis au Burkina Faso. Par Ismaël KOUADIO.
Pour rappel, le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 lors d’un putsch contre le Président élu de l’époque, Roch Kaboré, avant d’être à son tour renversé, neuf mois plus tard, par le Capitaine Ibrahim Traoré. En exil au Togo, il est régulièrement accusé par le pouvoir de Ouagadougou d’être le cerveau de plusieurs tentatives de coup d’État, la dernière devait avoir lieu le 3 janvier 2026.
Le Ministre de la Sécurité burkinabè, Mahamadou Sana, avait ainsi affirmé à la Télévision d’État que le 3 janvier 2025 « était prévue une action de déstabilisation du pays (…) par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade Capitaine Ibrahim Traoré ». Quatre jours durant, ces allégations ont été soutenues par une série d’« aveux » de complices présumés, égrenés chaque soir à la Télévision nationale. Ils affirmaient tous avoir agi sur instruction du Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. En avril 2025, le Burkina avait aussi arrêté une dizaine d’officiers et de sous-officiers.
Le Gouvernement togolais a reçu, le 12 janvier 2026, une demande officielle d'extradition émanant des autorités judiciaires du Burkina Faso. Cette requête visait bien Paul-Henri Sandaogo Damiba, poursuivi notamment pour détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite, corruption, incitation à la commission de délits et de crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux. Après examen de la régularité de la demande, les autorités togolaises ont engagé la procédure prévue par la législation nationale.
L'ancien chef militaire a ainsi été interpellé le 16 janvier 2026, en exécution du mandat d'arrêt joint à la demande d'extradition, avant d'être placé en détention. Saisie du dossier, la Chambre d'instruction de la Cour d'appel de Lomé a rendu, le même jour, un avis favorable à l'extradition, à l'issue d'une audience publique. Selon le ministère togolais de la Justice, cette décision s'appuie sur « l'offre de réciprocité des autorités burkinabè », les instruments juridiques internationaux auxquels le Togo est partie, ainsi que les garanties fournies par Ouagadougou concernant le respect de l'intégrité physique, de la dignité et des droits fondamentaux de Paul-Henri Sandaogo Damiba, notamment le droit à un procès équitable et l'absence de la peine de mort.
Ismaël KOUADIO.












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