Faut-il craindre pour la prochaine élection présidentielle d’octobre 2025 ? Source : Continent Média.
Une compétition électorale en trompe-l’œil.
Vu de près, la course à la présidentielle semble déséquilibrée. Le président sortant, Alassane Ouattara, candidat à un quatrième mandat, dénoncé par l’opposition domine le champ politique, tandis que plusieurs figures emblématiques de l’opposition—Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé—sont officiellement disqualifiées, certaines pour des motifs liés à la nationalité ou à des peines judiciaires .De son côté, la Commission Électorale Indépendante (CEI) est accusée d’un manque d’autonomie, renforçant le sentiment de partialité auprès d’une opposition désormais en retrait total.
Répression, arrestations, climat de peur.
Les tensions ne sont pas que politiques. Des cadres de l’opposition—Jeunesses du PDCI notamment—sont interpellés, certains anonymement ou sous prétexte de troubles à l’ordre public. Le PPA-CI, le parti de Gbagbo, dénonce aussi des arrestations « arbitraires » de six membres, évoquant un raidissement autoritaire inédit.
Désinformation et ingérence étrangère en toile de fond.
En toile de fond, l’influence malveillante des réseaux sociaux alimente la désinformation. Une campagne baptisée « Stop aux sorciers numériques » tente de contrer cette dérive, en mobilisant les écoles, les universités et l’appui technique des États-Unis. Les craintes et accusations sont vives quant à l’ingérence de puissances étrangères, notamment la France, la Russie, les États-Unis où même la Chine, via des campagnes d’influence ou de manipulation de l’information à grande échelle.
Une société marquée par la peur et les traumatismes.
La mémoire des violences électorales de 2010 et 2020 reste vive chez les Ivoiriens. Les populations redoutent un nouveau cycle de violences post-électorales. Dans plusieurs villes, des habitants témoins des heures sombres des années électorales précédentes craignent tel un retour aux heures sombres : « On peut seulement avoir peur »… « Nous ne voulons plus de violences électorales », témoignent certains, évoquant les drames passés.
Appels à l’apaisement.
L’impression est donc qu’il y a des raisons de s’inquiéter. Les élections présidentielles d’octobre 2025 se déroulent dans un climat de défiance et d’inégalités politiques, où l’absence de clés démocratiques solides risque d’éroder la légitimité du scrutin.
C’est dans ce climat lourd et pour prévenir que l’église catholique a lancé un appel à la paix, à l’inclusion des candidats et à la transparence du scrutin : elle exhorte également l’État et la CEI à restaurer la confiance nationale. Le gouvernement de son côté, par des campagnes nationales autour de la cohésion et de la solidarité, tente de désamorcer les tensions, tout en renforçant la sécurité dans des zones frontalières sensibles confrontées à la menace djihadiste .












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