Moyen-Orient. Israël–Iran : et si la Bible contenait une clé pour comprendre et dépasser la rivalité entre ces deux pays, anciens alliés ? Par Dr Ben ZAHOUI-DÉGBOU

Géopolitique.

Moyen-Orient. Israël–Iran : et si la Bible contenait une clé pour comprendre et dépasser la rivalité entre ces deux pays, anciens alliés ? Par Dr Ben ZAHOUI-DÉGBOU

Source : Glouziletnews Edition -- (Agence GLOUZILET) Date : 06-03-2026 21:47:40 -- N°: 190 --

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Cyrus le Grand, Roi de Perse, a permis aux Hébreux, en captivité à Babylone, de retourner dans leur patrie.

Moyen-Orient. Israël–Iran : et si la Bible contenait une clé pour comprendre  et dépasser la rivalité entre ces deux pays, anciens alliés ? Par Dr Ben ZAHOUI-DÉGBOU
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D’entrer de jeu il faut tout de suite dire que le conflit actuel entre l’Iran et Israël, soutenu par les Etats-Unis, n’est pas biblique : il est d’ordre politique et géostratégique. Dans le passé, Israël et l’Iran ont été alliés jusqu’en 1979, sous le Shah d’Iran. Pour mémoire, dès 1950, l’Iran sous le règne de Mohammad Reza Shah Pahlavi devient le deuxième pays à majorité musulmane, après la Turquie, à reconnaître officiellement l’État d’Israël, peu après sa création en 1948. Cette reconnaissance n’est pas anecdotique : elle marque une rupture avec le refus quasi généralisé des États arabes d’accepter l’existence même d’Israël, au lendemain de sa création.

L’alliance entre Israël, le nouvel État et l’Iran, s’est construite autour de centaines d’intérêts politiques et économiques partagés : Israël dépend largement du pétrole iranien, jusqu’à près de 40 % de ses besoins en énergie, en échange, l’État hébreux apporte les technologies agricoles, industrielles et militaires à l’Iran. Dans le contexte de la Guerre froide, tant Téhéran que Tel‑Aviv étaient, alliés des États‑Unis et craignaient la montée de l’influence soviétique. Les deux pays  alliés redoutaient aussi le nationalisme arabe radical, incarné notamment par des Leaders comme Gamal Abdel Nasser de  l’Égypte. Cette convergence de vision a donné naissance à une politique israélienne qualifiée de « Doctrine de la périphérie » par le Premier Ministre David Ben Gourion (1955-1963), visant à établir des alliances avec des pays non arabes de la région pour contrer l’isolement d’Israël et l’unité des fronts arabes.

L’alliance allait bien au‑delà des échanges commerciaux : les services de renseignement des deux pays ont coopéré étroitement. Israël a aidé à renforcer la Savak, la Police politique iranienne, dans les années 1950 et 1960. Le   « Projet Fleur », initié en 1977, illustre de l’excellence de cette coopération : il s’agissait d’un programme de développement conjoint de missiles entre Israël et l’Iran, avec des échanges techniques et des projets d’armement avancés. Ces coopérations, parfois secrètes, témoignent d’un partenariat stratégique concret, fondé sur la mutualisation de capacités militaires et de renseignement. Les relations entre les deux pays étaient donc au beau fixe et la communauté juive iranienne, alors très importante (100 000 personnes), vivait relativement bien en Iran, ce qui renforçait justement une certaine forme d’acceptation sociale avant 1979.

La Révolution islamique de Rouhollah Moussavi Khomeini.

La Révolution islamique de 1979, menée par Ruhollah Khomeini, est venue mettre fin à cette alliance exemplaire. Le nouveau régime rejette l’existence d’Israël, coupe les liens officiels et adopte une rhétorique fortement hostile, ce qui donne naissance à plus de quatre décennies de rivalité ouverte. Après la Révolution iranienne, le nouveau régime islamique a fait d’Israël un ennemi idéologique. Depuis les années 1980, l’Iran soutient des groupes armés hostiles à Israël comme Hezbollah ou Hamas, ce qui a alimenté un long conflit indirect entre les deux pays.  Ces tensions ont parfois dégénéré en confrontation directe, notamment autour du programme nucléaire iranien et des opérations militaires menées par Israël et les États-Unis contre des installations iraniennes.

Depuis plusieurs années, les tensions entre ces deux pays inquiètent le Monde. Menaces militaires, frappes indirectes, rivalités régionales : certains observateurs parlent désormais d’une confrontation durable au Moyen-Orient. Les États-Unis, allié stratégique d’Israël, se trouvent impliqués dans cet équilibre fragile. Pour beaucoup, ce conflit semble irréductible. Pourtant, une perspective inattendue apparaît lorsque l’on se tourne vers les textes anciens de la Bible. L’Ancien Testament, texte fondateur pour des millions de croyants, raconte une histoire qui va à l’encontre de l’image actuelle d’hostilité entre Israéliens et Iraniens. Il fut un temps où les ancêtres des Iraniens ont joué un rôle décisif dans l’histoire du peuple juif. Cette mémoire oubliée pourrait aujourd’hui offrir aux belligérants une leçon politique et morale. La rivalité actuelle ne reflète pas toute l’histoire des relations entre les peuples juif et perse.

Dans l’antiquité, les Perses ont sauvé les Juifs captifs du Roi Nabuchodonosor.

Plus de deux mille ans avant les tensions actuelles, les ancêtres des Iraniens, les Perses jouaient un rôle central dans la survie du peuple juif. Au VIᵉ siècle avant notre ère, les Juifs vivent une période dramatique de leur histoire. Le Royaume de Juda avait été conquis par Nabuchodonosor, Roi de Babylone . Une grande partie de la population avait été déportée loin de Jérusalem. Cet épisode, connu sous le nom d’Exil babylonien, relaté dans son Livre par le Prophète Ézéchiel, menace l’existence même de leur culture et de leur religion. Un nouveau pouvoir apparaît dans la région : c’est l’Empire perse achéménide dirigé par Cyrus le Grand (559 à 530 av. J.-C.) que le Prophète Esaïe appelle à juste titre « l’Oint du Seigneur » (Ésaïe 41. 2-3). Autrement dit, la Bible reconnaît dans ce Souverain perse, un instrument certain de la volonté divine.

C’est en 539 avant J.-C., que Cyrus conquiert Babylone. Contrairement aux pratiques de nombreux conquérants de l’époque notamment les Assyriens, il adopte une politique religieuse relativement tolérante. Il autorise les peuples exilés à retourner dans leurs terres d’origine et à reconstruire leurs lieux de culte. Pour les Juifs, cette décision est déterminante (cf. Esdras 1. 1-4). Elle leur permet de retourner à Jérusalem et de reconstruire le Temple de Salomon, détruit par les Babyloniens.

Ce rappel historique met en lumière une réalité souvent oubliée : les relations entre les peuples juif et perse ne furent pas toujours marquées par la rivalité. Pendant des siècles, les communautés juives ont vécu dans l’espace perse. Encore aujourd’hui, l’Iran abrite l’une des plus anciennes communautés juives du monde (100 000 en 1779 et 15 000 personnes en 2026). Dans la tradition biblique, les Perses ne sont pas décrits comme des ennemis du peuple juif, mais comme des acteurs de sa restauration après l’exil. Il faut dire que ce récit contraste fortement avec les tensions actuelles. Que peut donc nous apprendre ce récit de l’Ancien Testament dans le contexte contemporain avec de fortes rivalités ?

Eh bien ! La Bible ne propose pas une solution « diplomatique » à ce conflit moderne entre Israël et l’Iran. Mais elle rappelle une vérité essentielle : les relations entre les Peuples ne sont jamais figées. Les ennemis d’aujourd’hui peuvent avoir été les alliés d’hier. Dans le récit biblique, un souverain étranger devient un acteur clé de la renaissance du Peuple juif. Cette idée suggère que la coopération entre cultures et Nations différentes est non seulement possible, mais parfois décisive. La mémoire historique peut alors jouer un rôle important. En rappelant les épisodes de solidarité du passé, elle ouvre la possibilité d’imaginer un avenir différent en privilégiant le Dialogue.

Redécouvrir une mémoire commune serait la meilleure démarche.

Dans un monde dominé par les conflits géopolitiques, les récits de l’Ancien Testament peuvent sembler très lointains. Pourtant, ils façonnent encore les imaginaires politiques et culturels des Nations. Celui de Cyrus le Grand rappelle qu’entre les Peuples juif et perse, existe une mémoire commune, inscrite dans l’un des textes les plus influents de l’histoire de l’Humanité. Cette mémoire n’efface pas les tensions contemporaines. Mais elle rappelle que les relations entre les Peuples ne se résument pas aux conflits. À une époque où la confrontation semble parfois inévitable, se souvenir de cette histoire peut offrir une perspective différente. Car la Bible ne raconte pas seulement des guerres et des rivalités. Elle raconte aussi des moments où des Peuples différents ont contribué, ensemble, à reconstruire l’espoir.

Les rivalités d’aujourd’hui ne seront pas nécessairement celles de demain.

Aujourd’hui, les conflits entre les Nations semblent souvent éternels, lorsqu’on les observe à l’échelle de l’actualité quotidienne. Pourtant, l’histoire nous enseigne une autre vérité : les rivalités d’aujourd’hui ne seront pas nécessairement celles de demain. Plus de deux mille ans avant les tensions modernes entre Israël et l’Iran, un souverain perse, Cyrus le Grand, jouait un rôle décisif dans la renaissance du peuple juif. Dans les pages de la Bible, notamment dans les Livre d’Ésaïe et d’Esdras, ce Roi étranger, envoyé par l’Éternel, est présenté comme un instrument inattendu de Justice et de Restauration du Peuple juif. Ce récit de l’Ancien Testament nous rappelle une idée simple mais profonde : les Peuples ne sont pas condamnés à l’hostilité permanente. Les identités nationales, comme les Alliances politiques, évoluent au fil du temps.

La mémoire biblique offre ainsi aux Nations, une leçon inattendue pour notre époque. Elle montre qu’au cœur même des histoires les plus conflictuelles peuvent exister des moments de coopération, de respect et parfois même de solidarité entre cultures différentes. Se souvenir de Cyrus ne signifie pas qu’il faut ignorer les réalités géopolitiques et les intérêts géostratégiques du moment de chaque pays. Mais cela invite à regarder l’histoire avec plus de profondeur. Là où la politique contemporaine voit des ennemis irréconciliables, la longue mémoire des Civilisations révèle parfois des liens malheureusement oubliés.

Peut-être, est-ce là, l’un des messages les plus universels de la Bible : l’histoire humaine n’est jamais entièrement écrite d’avance. Elle reste ouverte aux surprises, aux renversements et aux gestes inattendus qui peuvent transformer les relations entre les Peuples. Dans un monde marqué par les tensions et les rivalités, se souvenir de ces moments où des civilisations différentes ont contribué ensemble à reconstruire l’espoir de leurs Peuples, pourrait être, en soi, un premier pas vers une autre manière d’imaginer l’avenir du Monde.

Dr Ben ZAHOUI  DÉGBOU,                                           Masterant en Théologie Institut                                        BibleDoc (bibledoc.com)

 

 

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Auteur : Dr Ben ZAHOUI-DÉGBOU Sources et références : Bible, Livres d’Ésaïe, d’Esdras et Chroniques. Encyclopédies historiques sur l’Empire perse. Analyses géopolitiques sur les relations Iran-Israël.
Mise en page et illustration :
Ben ZAHOUI-DÉGBOU (glouziletnews.com).
Agence Gouzilet
Paris le 6 Mars 2026



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