Guerre Iran-Israël-États-Unis : quelles conséquences pour le Commerce International et le Détroit d’Ormuz ? Par Dr Ben ZAHOUI-DÉGBOU

Géopolitique.

Guerre Iran-Israël-États-Unis : quelles conséquences pour le Commerce International et le Détroit d’Ormuz ? Par Dr Ben ZAHOUI-DÉGBOU

Source : Glouziletnews Edition -- (Agence GLOUZILET) Date : 07-03-2026 22:53:53 -- N°: 191 --

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Le Détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes stratégiques les plus importantes au monde.

Guerre Iran-Israël-États-Unis : quelles conséquences pour le Commerce International et le Détroit d’Ormuz ? Par Dr Ben ZAHOUI-DÉGBOU
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La confrontation militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis déclenchée le 28 février 2026, a immédiatement pris une dimension géoéconomique mondiale. Le cœur de la crise est désormais le Détroit d’Ormuz, passage maritime par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié.

La quasi-paralysie de cette voie stratégique perturbe les flux énergétiques, renchérit les coûts du transport maritime et fragilise les chaînes d’approvisionnement internationales. Cette crise révèle à quel point le Commerce mondial reste dépendant de quelques corridors énergétiques critiques comme le Détroit d’Ormuz.

Depuis le lancement de l’attaque israélo-américaine, l’Iran fait planer la menace sur les bateaux traversant le Détroit d’Ormuz, bloquant de fait toute possibilité de circulation maritime sur cet axe majeur du Commerce International. Si les inquiétudes portent principalement sur les exportations de pétrole et de gaz depuis les pays du Golfe, l’embrasement au Moyen-Orient éloigne aussi la perspective d’un retour à la normale pour le trafic en Mer Rouge entre l’Asie et l’Europe.

Le Détroit d’Ormuz constitue justement l’un des points névralgiques de l’Économie mondiale. Large d’environ 34 kilomètres au point le plus étroit, il relie le Golfe Persique à l’Océan Indien et permet l’exportation des hydrocarbures produits par les grandes puissances énergétiques du Moyen-Orient, notamment l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis. En temps normal, environ 20 millions de barils de pétrole par jour transitent par ce passage, soit près de 20 % de l’approvisionnement pétrolier mondial. La route maritime transporte également une part importante du Commerce de gaz naturel liquéfié (GNL) et de produits pétroliers raffinés.

Dans ce contexte, toute perturbation du trafic maritime a des conséquences immédiates sur les marchés énergétiques mondiaux. Depuis le début de la guerre le 28 mars 2026, les menaces iraniennes et les attaques contre des navires ont provoqué un effondrement total du trafic maritime dans la zone, avec des centaines de navires immobilisés ou détournés. Ce blocage de facto du Détroit d’Ormuz transforme la crise militaire en choc systémique pour l’économie mondiale.

Combien de bateaux sont-ils bloqués dans le détroit d’Ormuz ?

Les estimations varient selon les zones considérées (dans le détroit lui-même ou dans tout le Golfe Persique), mais les ordres de grandeur actuellement rapportés sont les suivants : un peu plus de 3 000 navires sont bloqués dans les ports et les zones du Golfe Persique en attendant de pouvoir franchir le détroit ; environ 400 pétroliers sont immobilisés dans la région à cause du risque d’attaque des Gardiens de la révolution et de l’absence d’assurance ; on compte également 200 pétroliers qui sont directement coincés autour du Détroit lui-même ; enfin, au moins 132 porte-conteneurs sont également bloqués dans le Golfe Persique.

Après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les Gardiens de la Révolution ont annoncé que le passage était interdit. Ils ont aussi menacé de détruire les navires qui tenteraient de traverser le Détroit d’Ormuz. Cela a provoqué un arrêt quasi total du trafic : les pétroliers sont passés d’environ 37 passages par jour à pratiquement zéro. Les navires évitent ainsi les attaques de drones iraniens , les tirs de missiles, les opérations navales dans la zone et les menaces directes contre les navires occidentaux. Un pétrolier a même été incendié par un drone iranien dans le Détroit le vendredi 6 mars 2026. En définitive, les compagnies maritimes considèrent donc la zone du Golfe Persique comme une zone de guerre.

Il faut signaler qu’au large d'Oman, le même jour, c’est à dire, le vendredi 6 mars 2026, un autre pétrolier, le MKD Vyom, sous pavillon des îles Marshall, a été frappé par un projectile, causant la mort d'un marin. Le pétrolier Stena Imperative a été également touché, le lundi 3 mars 2026, alors qu'il se trouvait à quai, au port de Bahreïn. Un ouvrier est mort et deux autres ont été blessés.

Perturbations logistiques et désorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Au-delà de l’énergie, la crise affecte plus largement les flux commerciaux internationaux. Les routes maritimes du Golfe Persique sont au cœur du Commerce de nombreuses matières premières et produits industriels. La fermeture du Détroit d’Ormuz entraîne donc plusieurs conséquences logistiques majeures :

L’augmentation des primes d’assurance maritime, les assureurs exigent désormais des primes de guerre élevées pour les navires transitant dans la région, ce qui renchérit immédiatement le coût du transport ; La suspension ou détournement des routes maritimes, de nombreuses compagnies maritimes préfèrent suspendre leurs opérations ou attendre en dehors du Détroit, ce qui ralentit naturellement les échanges commerciaux ; Les blocages de cargaisons et les retards logistiques, des centaines de navires transportant pétrole, matières premières ou produits manufacturés sont immobilisés, créant ainsi des retards dans les chaînes d’approvisionnement mondiales ; La perturbations sur les marchés des matières premières, les flux de fertilisants, de charbon, de pétrole, de gaz ou encore de produits pétrochimiques sont affectés, ce qui peut provoquer des tensions sur les marchés agricoles et industriels.

Dans un système commercial mondialisé, ces perturbations logistiques peuvent rapidement se transmettre à l’ensemble de l’Économie mondiale, en particulier dans les industries dépendantes des hydrocarbures et des matières premières.

La crise accélère également certaines transformations géoéconomiques déjà à l’œuvre. D’une part, les pays importateurs cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement énergétique. Les raffineries asiatiques, fortement dépendantes du pétrole du Golfe, tentent par exemple d’acheter davantage de pétrole américain ou africain pour compenser la baisse des flux du Moyen-Orient. D’autre part, les grandes puissances tentent de sécuriser les routes maritimes.

Les États-Unis envisagent notamment des mécanismes d’assurance publique pour encourager les navires à continuer de traverser la zone, afin d’éviter un blocage total des échanges.  Enfin, cette crise souligne la vulnérabilité structurelle du Commerce International : malgré la mondialisation des échanges, certaines infrastructures, Détroits, canaux ou ports stratégiques, restent des points de fragilité systémique.

En conclusion, il faut tout simplement dire que la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis dépasse largement le cadre régional. En perturbant le Détroit d’Ormuz, elle touche l’un des principaux carrefours énergétiques du monde et provoque une onde de choc sur l’ensemble du Commerce International. La hausse des prix du pétrole ( 92–93 $ le baril, le 7 mars 2026) , la paralysie partielle du trafic maritime et la désorganisation des chaînes logistiques, illustrent la dépendance de l’économie mondiale à quelques corridors stratégiques. Si la crise devait se prolonger, elle pourrait accélérer la recomposition des flux énergétiques, renforcer les politiques de diversification des approvisionnements et encourager les grandes puissances à sécuriser davantage les routes maritimes. En définitive, cette guerre rappelle que la mondialisation économique reste profondément dépendante de la stabilité géopolitique.

Le Détroit d’Ormuz, simple passage maritime de quelques dizaines de kilomètres, demeure l’un des points où se joue l’équilibre du Commerce mondial. Les chances de le voir reprendre un trafic normal dépendent surtout de trois facteurs primordiaux : l’évolution de la guerre, la sécurisation militaire du passage et le retour des assurances maritimes. À court terme, la reprise complète du trafic dans le Détroit, reste malheureusement incertaine.

Dr Ben ZAHOUI-DÉGBOU

 

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Auteur: Dr. Ben ZAHOUI DÉGBOU,
Géographe-Journaliste, Spécialiste
de Géopolitique et de
Commerce International
Source et références :
Ma Thèse de Doctorat et AFP
Mise en page et illustration :
Ismaël KOUADIO (glouziletnews.com).
Agence Gouzilet
Paris le 7 Mars 2026



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